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Les Naufragés du Fol Espoir

2013

Un film d’Ariane Mnouchkine

D’après une création collective du Théâtre du Soleil, mi-écrite par Hélène Cixous, librement inspirée d’un mystérieux roman posthume de Jules Verne.

Musique de Jean-Jacques Lemêtre

Un film produit par François Duplat (Bel Air Media)

Directeur de la photographie : Bernard Zitzermann

Images : Jean-Paul Meurisse, Mattia Ballerini, Nicolas Bordier et Duccio Bellugi-Vannuccini, Serge Nicolaï

 

 

Des documents à voir ou à écouter

Extrait Les Naufragés du Fol Espoir

© Michèle Laurent

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© Michèle Laurent

Note d'intention

"Elle était merveilleuse, cette vague tonique de force qui, de tous les rivages de l'Europe, battait contre nos cœurs. Mais ce qui nous rendait si heureux recelait en même temps un danger que nous ne soupçonnions pas. La tempête de fierté et de confiance qui soufflait alors sur l'Europe charriait aussi des nuages. L'essor avait peut-être été trop rapide. Les États, les villes avaient acquis trop vite leur puissance, et le sentiment de leur force incite toujours les hommes, comme les États, à en user ou à en abuser." Stefan Zweig, Le Monde d’hier

Il y avait, à l’origine, dans nos rêves, un film. Il y avait l’aube du cinéma par lequel nous pouvions jouer l’aube du socialisme, temps du bonheur. La lilliputienne équipe à l’attaque de ce continent inconnu, le cinématographe, figurerait l’humanité à l’attaque d’une société nouvelle et toujours désirée, malgré toutes les dérives, les trahisons, les folies assassines. Retour aux origines donc.

Le décor
Le studio de cinéma, bien réel, sera là pour tourner notre film bien réel lui aussi. C’est dans des studios minuscules, sous des verrières torrides que le cinéma naquit. Un parti pris de réalisme donc, mais notre film d’aujourd’hui se fabrique à l’image du film d’origine, comme à l’époque, avec ses châssis, ses toiles peintes, ses drisses et ses poulies, son plancher de bois au sol et des verrières ouvertes sur le ciel.

L’image, la lumière
Nous avons fait le choix d’un Canon 1D pour la prise de vue. Ce type de matériel nous permet de travailler notre image avec une donnée qui s’est vite imposée comme essentielle : la sensibilité. Il est très important que l’époque dans laquelle nous allons évoluer, ce temps des premiers temps du cinéma, soit à tous points de vue repérable, et dépasse le simple réalisme d’une reconstitution documentaire. Et nous souhaitons traiter l’image de la même manière : ce sera une image qui ne doit pas être anachronique, proche de celle des premiers films que nous aimerions célébrer, une image qui s’autorisera parfois une certaine saturation, aux blancs scintillants, où le contraste accentue reliefs et profondeur, et où un voile atmosphérique pourra se déposer. 
 

Pour cela la lumière sera travaillée de manière artisanale. Quant à la caméra, nous travaillerons avec le diaphragme et les objectifs, nous approchant autant que possible d’une prise de vue “cinéma“, de ce cinéma volontairement soumis à la contrainte de la pellicule, fragile, instable et donc miraculeuse.

Le cadre, le découpage
Le film sera très découpé, d’où le choix de deux caméras. Elles seront attentives, chacune dans leur axe, à prolonger les plans jusqu’à leur propre aboutissement, afin d’aller y chercher ensuite tout ce qui sera nécessaire au montage. Des caméras qui oseront donc se déplacer dans l’axe, et souvent, comme aux premiers temps du cinéma. Un cadre sobre, respectant les possibilités encore toutes frontales qui sont les siennes en ces temps de découverte, un cadre conscient des tentations de mouvements qu’il lui faudra éviter pour conserver à notre parti pris sa clarté et sa délicatesse.

L’équipe
Nous assisterons à la fusion de l’équipe technique de cinéma — ses cadreurs, son directeur de la photo, ses assistants opérateurs — et de la troupe du Théâtre du Soleil — ses acteurs, régisseurs, machinistes, costumiers, décorateurs — comme la métaphore de cette utopie réalisée par les grands studios de cinéma français, réunissant au début du XXème siècle, artistes de cabaret, ingénieurs inventeurs, aventuriers, peintres, photographes, architectes, jusque là isolés dans leur seul corps de métier, et soudain enrôlés par le cinématographe, à la conquête toute collective d’un art nouveau.

C’est de cela qu’il s’agit, de cet entêtement des humains à inventer tous les matins, l’amitié, le rire, le bonheur qu’il y a à faire une œuvre, capable, chacun le sait, personne n’en doute, de transformer le monde, même si, souvent, hélas, c’est une guerre qui le transforme, ce monde, d’une toute autre manière.

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