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  • Progagande active
  • Publication du 03/02/2018

Le Chagrin d’Hölderlin

du 02 au 10 mars 2018

D’après la vie et les écrits d’Hölderlin

Mise en scène
Chantal Morel

Avec
Élisa Bernard et Heloise Zahedi

Scénographie
Sylvain Lubac
Aide construction
Maud Destanne de Bernis
Création sonore
Patrick Najean

Un spectacle de
l'Équipe de Création Théâtrale

 

 

L'ÉQUIPE DE Chantal Morel EST INVITÉE AU RAMDAM DE MAGUY MARIN À Sainte Foy-lès-Lyon 


Informations et réservations en ligne sur le site de Ramdam, un centre d'art 69110 Sainte-Foy-lès-Lyon ou par téléphone au 06 50 97 43 18


 

Dans un premier temps, il y eut l'envie de s'approcher d'Hölderlin, le poète allemand comme on s'approcherait avec bienveillance, chaleur, douce humanité de celui dont se moque le monde.

Le rendre proche, en vie. Friedrich, Fritz, petit nom dont il se sert pour écrire à sa mère…

Partir en quête d’une existence ordinaire, ce n’est pas abolir le génie, c’est sa restitution au peuple. Le signe poétique est pour tous, le poète doit le répercuter dans le peuple.

Laisser aussi la scène s'ouvrir à ses amis : Hegel, Schelling. Les voilà les trois jeunes hommes, enfermés au pensionnat de Tübingen. Dans le froid des murs, ou dans l'air de la campagne alentour les voilà qui écrivent: "le communisme des esprits", "se souciant peu de déterminer la part qui revient à chacun dans l’élaboration d’une pensée nouvelle, qu’ils veulent universelle. Ils travaillent en commun, élaborent en commun leurs projets, leurs essais, ne distinguant pas « le tien » du « mien ». Ce désintéressement ne durera pas". (Jacques D'hondt) La vie les sépare...

Il y aura celui qui construira un système dont il sera l'unique auteur, et celui qui s'effacera dans l'encadrement d'une fenêtre d'où il pourra voir et chanter la succession des saisons, les gestes agricoles de l'homme dans un anonymat commun...

Il y a les systèmes se nourrissant à l'ombre d'un savoir qui sait tout, d'un pouvoir qui peut tout, et il y a la poésie s'abreuvant à la lumière du retrait des dieux. Retrait qui laisse l'homme responsable d'une absence de savoir, responsable de sa vie, le convoquant, l'invitant, lui faisant toute la place...

Il y a l'ami qui ne répond plus aux lettres. Il y a les grands hommes à l'ombre de leur statue se moquant de celui dont les travaux ont une ampleur inconnue. Il y a la mère qui, jusqu'au bout, voudra qu'il soit vicaire dans une église, là-bas, avec la fille du pasteur qu'il pourrait épouser... Et puis, il y a l'amour, l'exceptionnelle passion partagée avec Suzette. Elle illuminera sa vie de poète. Suzette mourra de leur séparation imposée par la norme sociale... Il travaillera encore... Puis renoncera au monde, restera en poésie, joie et silence... 37 ans...

Chantal Morel