Veuillez nous suivre il y a mille ans peut-être ou bien avant-hier,
dans les états prospères du Seigneur Khang, en cette année
où éclate soudain la menace d'une inondation extraordinaire.
Des inondations, nous en subissons si souvent dans ce pays. Mais une catastrophe
aussi grande que celle qui se prépare, on n'en a jamais vue. Il faut
remonter cinq cents ans en arrière dans les chroniques pour retrouver
un événement aussi terrible.
La sombre nouvelle se répand. Des beaux murs du Palais du Seigneur
jusqu'aux fameuses portes de la Ville, des fermes et des villages jusqu'aux
Monts, voici le monde qui s'éveille lentement aux images du danger.
Chacun s'alarme à sa mesure. Les Digues deviennent tout naturellement
le point de mire des soucis et des calculs. Ah les Digues ! Pourvu qu'elles
tiennent, pensons-nous. Mais voici que se fait jour une pensée bien
cruelle : ces Digues, il faut peut-être au contraire qu'elles cèdent