Bharata Natyam, représentation et costumes

par Eliane Béranger

Déroulement de la représentation

Il s’agit toujours d’une représentation de soliste.

o Prière des musiciens

o Allaripu : offrande de son propre corps aux dieux en une mise en œuvre progressive de ses différentes parties. Séquence de danse pure, elle est parfois suivie ou précédée d’une offrande de fleurs à la représentation symbolique du dieu présenté sur scène.

o Jatisvaram : séquence de danse pure, riche élaboration de variations rythmiques sur un thème musical solfié.

o Sabdam : danse narrative de caractère dévotionnel mettant en valeur les attributs ou les exploits d’un dieu.

o Varnam : composition la plus longue du récital combinant des moments de danse pure et des moments de danse narrative. Le chant dévotionnel mimé est alors divisé en couplets. Le thème principal en est toujours la douleur du fidèle séparé de son dieu.

o Padam : le récital doit en comprendre au moins deux.

Ici se développe la danse narrative et plus particulièrement ses composantes émotionnelles, alternance de Tandava et de Lasya, lyrisme et érotisme de l’attachement du dévot à son dieu.

o Javeli : sorte de Padam de facture plus quotidienne tant dans l’expression que dans le choix du sujet.

o Tillana : séquence de danse pure et extrêmement brillante dans laquelle la danseuse peut montrer tout son brio. Mais elle est également expression de la joie profonde issue de l’acte dévotionnel qui vient de s’accomplir : le récital.

o Sloka : phase strictement dévotionnelle, généralement courte. Prière qui termine le récital.

À ce schéma traditionnel, il convient d’ajouter quelques précisions tenant compte des évolutions récentes : l’Allaripu est parfois remplacé par un NATYA ANJALI au cours duquel la danseuse évoque plusieurs dieux et demande leur bénédiction ; le Sabdam a tendance à disparaître, ainsi que le Javeli qui est de plus en plus assimilé à un Padam.

Costumes

Il en existe six ou sept modèles dont le choix est désormais laissé au goût de la danseuse.

Le plus souvent il s’agit d’un pantalon serré, sur le devant duquel on place une pièce de tissu plissée en éventail.

La blouse est courte mais couverte d’une pièce rapportée à la taille passant sur l’épaule gauche comme le voile d’un sari tel qu’il est porté à Madras.

La ceinture de métal doré souligne la ligne de séparation entre le haut et le bas du corps.

Le maquillage est très simple, les yeux étant principalement mis en valeur par du noir. Les paumes des mains, les bouts des doigts et les plantes des pieds sont peints en rouge.

Les cheveux sont noués en une longue tresse richement décorée. De nos jours toutefois, un lourd chignon a tendance à la remplacer.

La coiffe est constituée d’un arrangement de fleurs.

La danseuse porte quantité de bijoux dont les principaux sont placés de part et d’autre de la ligne médiane de sa chevelure, ils représentent la Lune et le Soleil.

Des éléments importants du costume sont les bracelets de cheville, supportant plusieurs dizaines de clochettes : ils sont les premiers des instruments de musique.


Eliane BERANGER

" Déroulement de la représentation ", et " Costumes", in A la rencontre des danses de l’Inde, Paris, Ed. Ailleurs Connaître, 2001, pp. 18-21