La mise en scène de Tristan et Isolde au Théâtre Mariinski (1909)

par Vsevolod Meyerhold

On peut surcharger une grande scène de tous les détails imaginables sans pourtant parvenir à vous faire croire que vous avez un bateau sous les yeux. Problème bien difficile que la représentation sur scène du pont d’un bateau qui vogue. En fait il suffit d’une simple voile occupant toute la scène pour construire ce navire dans la seule imagination du spectateur. " Dire beaucoup avec peu de moyens, voilà le fond de l’affaire. La plus sage économie liée à la plus grande richesse, c’est tout l’art du décorateur, Les Japonais, en dessinant une seule branche en fleurs, évoquent tout le printemps. Chez nous, on dessine tout le printemps, et ce n’est même pas une branche en fleurs ! " (Peter Altenberg) (1)


P. Altenberg est le pseudonyme d’un écrivain autrichien, R. Englender (1859-1910). Meyerhold et Gnessine ont fait travailler les élèves du Studio de la rue Joukovski (1908-1909) sur ses récits.


Vsevolold MEYERHOLD

Extrait de "La mise en scène de Tristan et Isolde au Théâtre Mariinski (30 octobre 1909)", in Ecrits sur le théâtre, vol. 1 (nouvelle édition), L’Age d’Homme, Lausanne, 2001, p. 134