SOUS LA RESPONSABILITÉ D’ASHLEY THOMPSON

Journée d’étude,
organisée par le Collège International de Philosophie et le Théâtre du Soleil en collaboration avec l’Université de Leeds,
à l’occasion des représentations de « L’Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge » dans le cadre du 42e Festival d’Automne à Paris.

En présence d’Hélène Cixous

Vendredi 25 octobre 2013 de 10h à 17h

Au Théâtre du Soleil
Entrée libre, réservation conseillée au 01 43 74 24 08

 

Intervenants :
Georges Bigot, acteur et metteur en scène ;
Hélène Cixous, écrivain) ;
Delphine Cottu, actrice et metteur en scène) ;
Véronique Decrop, artiste, Association Phare France ;
Maurice Durozier, acteur, Théâtre du Soleil ;
Joëlle Garcia, conservatrice, Bibliothèque nationale de France ;
San Marady, actrice, Phare Ponleu Selpak ;
Ariane Mnouchkine, metteur en scène, Théâtre du Soleil ;
Chea Ravy, actrice, Phare Ponleu Selpak ;
Pin Sreybo actrice, Phare Ponleu Selpak ;
Toni Shapiro-Phim, Bryn Mawr College ;
Ashley Thompson, Collège International de Philosophie, Université de Leeds

 


La journée s’accompagnera de la projection de documents d’archives ainsi que du film « Ombre et Lumière, ou la supplique des enfants de la frontière » par Véronique Decrop.


 

Cette journée d’étude s’organise autour du « retour » en France de « L’Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge, ».
Il s’agit de revenir sur cette épopée qui raconte une certaine histoire du monde à travers un personnage hors normes, et la destinée tragique d’un très grand « petit pays ». Sur l’histoire du Théâtre du Soleil, dans laquelle Sihanouk constitue un tournant important. Et sur celle d’une école des arts sans exemple au Cambodge, où ce projet a vu le jour : Phare Ponleu Selpak, « La lumière des arts ». La troupe de Phare s’est constituée pour mener à bien ce projet, guidé, depuis six ans, par Georges Bigot, Delphine Cottu et le Théâtre du Soleil. La preuve que par le théâtre vivant se tissent des liens artistiques autant qu’humains entre plusieurs mondes, géographiques, culturels et historiques.

Le spectacle de 1985 a réussi un véritable tour de force, et du monde, en deux fois quatre heures : le Cambodge, avec son histoire, qui fait écho en microcosme à celle du monde entier, fut incarné sur la scène du Soleil. Par la puissance d’un art, très politique, du théâtre qui s’obstine à se déplacer le plus loin possible, à faire place, en soi, à l’autre, et en même temps à se regarder en face, d’en face. Il s’agissait de mettre en scène un Cambodge où se jouait, en concentré, l’un des drames constitutifs du monde en ce milieu du XX e siècle : l’inéluctable sacrifice sur l’autel de la guerre froide d’un pays qui avait lutté pour rester non-aligné.

Le retour depuis le Cambodge de ce spectacle, écrit en français dans une grande tradition littéraire occidentale, met en lumière une passionnante histoire théâtrale continue/discontinue qui tient le pari, hautement risqué, d’une démocratie rêvée.
Le théâtre et l’histoire sont semblablement faits de reprises, d’échos, de transpositions et de déjà-vu à la fois inouïs et prévisibles : au moment où le roi qui a donné son nom à la pièce vient de s’éteindre, mais dont l’histoire reste inachevée, il s’agit de penser notre monde comme un théâtre, bien entendu, mais à travers le théâtre aussi.