Depuis janvier 2007, à l’initiative d’Ashley Thompson, le Théâtre du Soleil travaille en harmonie avec les élèves de l’école Phare Ponleu Selpak (Cambodge) à la création en khmer de la pièce d’Hélène Cixous, L’Histoire terrible mais inachevée de Norodom Sihanouk, roi du Cambodge, d’après la mise en scène d’Ariane Mnouchkine (1985). La première en France aura lieu le 26 octobre 2011 à Lyon, au Théâtre des Célestins, puis la pièce sera jouée en tournée dans plusieurs villes de France avant de s’installer à la Cartoucherie du 24 novembre au 4 décembre 2011.
Mise en scène : Georges Bigot et Delphine Cottu, assistés de Sophie Piollet, avec vingt-cinq acteurs et quatre musiciens de l’École des arts Phare Ponleu Selpak, direction historique et textuelle : Ashley Thompson, traduction : Ang Chouléan, costumes : Marie-Hélène Bouvet, Elisabeth Cerqueira, d’après les costumes originaux, décor : Everest Canto de Montserrat et Elena Antsiferova, lumière : Elsa Revol.
Coproduction : Le Théâtre du Soleil, festival Sens Interdits, Les Célestins – Théâtre de Lyon /Coréalisation : École des arts Phare Ponleu Selpak / Avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication, de la Région Rhône-Alpes, de la Ville de Paris (Direction des Affaires Culturelles), de l’Institut Français (Ministère des Affaires étrangères et européennes).

- Dossier de presse

- Dossier de la revue Mouvement
Disparition de Vann Nath, le peintre de S-21
8 septembre 2011

Ses talents de peintre l’avaient sauvé de l’enfer khmer rouge au Cambodge. Mais c’est des suites de son enfermement à S-21 qu’est mort hier Vann Nath, l’un des rares survivants du centre de détention établi à Phnom Penh par le régime Pol Pot entre 1975 et 1979. Là, il vécut douze mois d’effrois à personnifier la propagande dans des portraits en pied de Frère numéro 1. Il a tout vu des supplices et des centaines de personnes "écrasées" et affamées par Douch, le directeur de S-21. "On mangeait des insectes tombés du plafond, dira-t-il au procès du bourreau en 2009. On dormait et faisait nos besoins au même endroit, parfois au milieu des cadavres. La faim et la soif m’obsédaient. J’envisageais même de manger de la chair humaine". Ce sage aux insondables absences-silences nous avait confié être "mentalement mort à S-21" (Libération du 22 janvier). Il riait quand on évoquait les repentirs larmoyants de Douch. A la chute des Khmers rouges en 1979, il avait commencé à témoigner dans des toiles au réalisme brut. Pour tenir la promesse faite à ses codétenus mort à S-21. Il aurait voulu "devenir bonze et vivre en marge car (il) trouvait la vie humaine compliquée". Il avait 65 ans.
Libération, 6 septembre 2011.