Programme (reprise, 1970)

1. LA CUISINE
« Mes personnages ne sont pas des caricatures. Ils sont vrais (bien que de fiction), et s’ils sont traités comme des caricatures, mes pièces n’auront plus de raison d’être. Le tableau que j’en fais est brutal, mais le ton n’est pas celui du dégoût et il ne doit pas l’être dans la représentation.
Je ne fais qu’un avec ces hommes mais je ne suis content ni d’eux ni de moi-même. »
Arnold Wesker.
« L’artiste comme les autres hommes cherche le bonheur... et il le trouve. »
Peut-on en dire autant de qui que ce soit ?
Il travaille pour être heureux ; quand il s’aperçoit que le bonheur n’est plus dans son travail, il abandonne et passe à quelque autre ouvrage.
Ce bonheur... c’est la liberté.
E. Gordon Craig.
Ce que Craig dit de l’artiste, Wesker, sous les allures chaplinesques de « La Cuisine », le revendique pour tout homme. Il y a bien des raisons de travailler : la gloire, le devoir, l’argent ou la nécessité de gagner sa vie tout simplement. Mais il en est une essentielle et méconnue : la recherche du bonheur.
2. ARNOLD WESKER
Arnold Weskerest né à Stepney, une proche banlieue de Londres, le 24 mai 1932, d’un tailleur juif russe Joseph Wesker, et d’une Hongroise, Leah (Perlmutter).
Dès 1943, il étudie la comptabilité et le secrétariat. Il participe à un groupe de théâtre amateur.
Entre 1948 et 1950, il est apprenti ébéniste, charpentier, vendeur en librairie.
1950, il est dans la Royal Air Force. Il ne s’y signale par aucun haut fait militaire, mais il organise une compagnie de théâtre amateur. Une douzaine d’années plus tard, il écrira une pièce sur cette période de sa vie.
Entre 1952 et 1956, après son service militaire, il ne refuse aucun des emplois qu’il réussit à trouver : aide-plombier, garçon de ferme, commis de cuisine, enfin il travaille pendant deux ans comme pâtissier à Londres, et neuf mois à Paris comme Chef. Il entre ensuite à l’école de technique cinématographique. Il écrit « La Cuisine » et « Chicken soup with barley ».
1959. « Racines », qui est joué à Coventry.
1960. « Je parle de Jérusalem », monté à Coventry.
1961. Il prend une part importante dans les manifestations contre les armes nucléaires et avec Bertrand Russel et d’autres il est condamné à un mois de prison.
1961. Il crée le Centre 42, première tentative en Angleterre pour la décentralisation du théâtre et des arts en général avec l’aide des syndicats.
1962. « Frites à volonté », créé à Londres, Sheffiels et Glasgow simultanément. « Le Capitaine de Nottingham », première pièce présentée au festival du Centre 42.
1964. « Their very own and Golden City » gagne le prix Marzotto.
1965. Cette pièce est créée au Théâtre National à Bruxelles.
1965. « Les quatre saisons ».
1967. Création en France de « La Cuisine » par le Théâtre du Soleil. Création en France de « Racines » à la Maison de la Culture de Bourges.
1968. Création en France de « Les quatre saisons » au théâtre Montparnasse.
3. AVEC PAR ORDRE D’ENTRÉE EN SCÈNE
Fred, veilleur de nuit : Georges Bonnaud
Max, boucher : Pierre Forget
Raphaël, commis : Mario Gonzalès
Bertha, buffet froid : Louba Guertchikoff
Nadia, serveuse : Rosine Rochette
Ida, serveuse : Françoise Jamet ou Daïna Lavarenne
Paul, pâtissier : Jean-Claude Penchenat
Raymond, pâtissier : Fabrice Herrero
Liliane, serveuse : Daïna Lavarenne ou Françoise Jamet
Huguette, serveuse : Christine Sandre
Anne, cafés : Lucia Bensasson
Denise, serveuse : Liliane Léotard
Geneviève, serveuse : Elisabeth Hazan
Simone, serveuse : Anne Demeyer
Youssef, commis : Salah Teskouhk
Jackie, serveuse : Myrrha Donzenac
Mado, serveuse : Geneviève Penchenat
Monique, serveuse : Emmanuelle Derenne
Alfredo, rôtisseur : Guy Laroche
Maître d’hôtel : Georges Lucas
Philippe, potages, œufs : René Patrignani
Samir, grillades : Claude Merlin
Hans, fritures : Jean-Marie Verselle
Mario, poissons : Marc Godard
José, légumes chauds : Jacob Weizbluth
Peter, poissons : Philippe Léotard
Franck, second chef : Roland Amstutz
Chef : Serge Coursan
Peretti, le patron : Roger Weber
Le clochard : Gérald Denizot
Adaptation : Philippe Léotard
Mise en scène : Arinae Mnouchkine
Décors : Roberto Moscoso
Construction : Daniel Pesquet
Photos : Martine Franck
Affiches et programmes : Catherine Legrand
Les accessoires ont été obligeamment prêtés par le buffet de l’ancienne gare Montparnasse et par la Maison Jacquotot, 77 rue Damesme Paris 13e.
La sonorisation du Théâtre du Soleil pour ce spectacle est assurée par les Etablissements Dufoix. Matériel électro-accoustique HRD.
4. THÉÂTRE DU SOLEIL
Dix comédiens et techniciens de formations diverses découvrent en travaillant ensemble que le théâtre est pour eux synonyme d’œuvre collective et de passion commune. Une seule solution est dès lors envisageable : fonder une Compagnie. C’est ce qui est fait en mai 1964 sous forme de coopérative et sous le nom de « Théâtre du Soleil ».
Après six ans d’existence où elle présente ses spectacles dans la banlieue parisienne, en province, à Paris, à l’étranger, la Compagnie n’a toujours pas de lieu de création ni même de travail. Or, pour que le Théâtre du Soleil puisse continuer ses recherches au niveau des spectacles, de la formation des comédiens, des rapports avec le public et de toutes les autres manifestations qui lui semblent être du domaine d’une activité théâtrale, il faut que les moyens lui en soient donnés et que la Compagnie survive. Nous ne cacherons pas qu’elle est en danger.
Théâtre du Soleil
Société coopérative ouvrière de production
44 Champs-Elysées Paris 8e Tél. 256 26-45
Direction : Ariane Mnouchkine
Administration : Jean-Claude Penchenat
Secrétariat : Françoise Descotils
Equipe colectivités : Gérard Hardy, Françoise Jamet, Odile Cointepas
Equipe technique : Guy-Claude François, Baudoin Bauchau, Martial Lorio, Louis de Grand-Maison
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