Texte-programme de La Nuit des rois

L’Illyrie, ce continent où la mer jette Viola, et qui paraît lointain parce qu’il est ignoré, pays légendaire où souffle le vent brûlant de la passion, royaume de la musique, de la volupté et du désir impitoyable. L’histoire qui s’y déroule sans relâche, ce sont les phases d’un astre dévorant, les péripéties de l’amour, sa naissance, sa brûlure, les battements qu’il imprime au cœur, au corps, à l’âme, la blessure qu’il inscrit, sans retour, en l’homme. Ceux que le destin y mène devront connaître la sauvagerie de l’amour, et comme dans les plus grands contes, traverser les épreuves, subir l’initiation, accomplir les rites, les figures obligées du plaisir et de la douleur. LA NUIT DES ROIS dépayse moins par la distance dans le temps ou l’espace que par la profondeur du lieu où naissent les désirs en l’homme, ce Pays des Merveilles, ces Indes intérieures qui, pour l’imagination, tiennent de la légende, de la magie, de l’enfance, du cauchemar. Dans ce monde profond, il n’y a, contrairement à ce qu’on pourrait croire, aucun double sens, aucune ambiguïté chez les personnages, et leurs désirs ont la netteté du rêve. Ce texte est à l’image d’un lac de haute montagne, dont la limpidité, loin d’en nier la profondeur, la rend plus réelle et vertigineuse.
Le poète, "ce dormeur qui a les yeux de l’âme ouverts" (Victor Hugo), fait affleurer l’inconscient. Le conte de fées côtoie le cauchemar, et dans cette histoire inexorable où le rire lui-même ne peut jaillir que du drame, le cœur et le corps volubiles se racontent sans retenue, ils jouent les variations de l’amour fou, du bonheur, de la farce et du chagrin mortels, de l’ivresse ou des larmes. Qu’ils mènent la danse ou y soient entraînés, que leur passion soit l’amour ou la blague, tous attisent sans trêve le feu du plaisir, ils crépitent, ils se consument sans rien économiser. Avec l’impudeur des enfants qui jouent, dans une bacchanale effrénée et grave, ils crient le paradis entrevu, l’appétit "vaste comme la mer" le danger et la déchirure d’aimer.
Le poète, "ce dormeur qui a les yeux de l’âme ouverts" (Victor Hugo), fait affleurer l’inconscient. Le conte de fées côtoie le cauchemar, et dans cette histoire inexorable où le rire lui-même ne peut jaillir que du drame, le cœur et le corps volubiles se racontent sans retenue, ils jouent les variations de l’amour fou, du bonheur, de la farce et du chagrin mortels, de l’ivresse ou des larmes. Qu’ils mènent la danse ou y soient entraînés, que leur passion soit l’amour ou la blague, tous attisent sans trêve le feu du plaisir, ils crépitent, ils se consument sans rien économiser. Avec l’impudeur des enfants qui jouent, dans une bacchanale effrénée et grave, ils crient le paradis entrevu, l’appétit "vaste comme la mer" le danger et la déchirure d’aimer.
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