Feuillet (reprise à l’Elysée Montmartre, 1970)

LES CLOWNS
« Les Clowns » par le Théâtre du Soleil à l’Élysée Montmartre
72 bd Rochechouart, paris 18, métro anvers
à partir du 26 janvier
tous les soirs à 21 h sauf dimanche, matinée jeudi à 15 h
prix des places pour les collectivités et étudiants : 9 F
location 256.26.45
société coopérative ouvrière de production
siège : 44 avenue des champs-élysées, paris-8e
téléphone : 256.26.45
Equipe collectivités : Gérard Hardy, Odile Cointepas, Françoise Jamet
LES CLOWNS
Pendant les représentations de « La Cuisine » et du « Songe d’une nuit d’été » au Cirque de Montmartre, le Théâtre du Soleil poursuivait un entraînement régulier destiné d’une part, à éviter la sclérose du spectacle en cours et d’autre part, à donner aux comédiens l’occasion de parfaire leur métier.
Au cours de ces exercices, les comédiens faisaient connaissance avec la Commedia dell’arte, l’improvisation et diverses autres formes d’expression dramatique dont les clowns.
Ceux-ci nous apparurent vite comme une forme privilégiée grâce à leur rythme, leur force, leur dimension, leur simplicité, leurs signes, etc., et peu à peu, l’envie nous vint de passer de l’exercice au spectacle en confrontant les clowns avec les situations les plus évidentes de la vie d’un homme. Ce faisant, nous avons découvert des personnages immédiatement perceptibles, compréhensibles, loin de toute caricature et de toute dérision. Les comédiens travaillent ce spectacle comme les clowns travaillent leurs entrées,c’ est-à-dire, par improvisations successives qui s’enrichissent et finissent par se stabiliser et se fixer. Cette démarche ne prétend pas à l’ originalité, elle ne fait après tout que reprendre une méthode fondamentale du spectacle populaire, spectacle qui ne vise ni au monumental ni à la postérité. Un art peut-être éphémère mais qui nous l’espérons a le mérite d’être clair immédiatement. Après tout qu’est-ce qu’un clown aujourd’hui ?
C’est un homme qu’on déracine, qu’on accoutre et qui rendu inadéquat devient un rustre, un grossier, un comique, un grotesque, un déguisé, un pitre, un paillasse, un bouffon, un gugusse.
Imaginons des clowns en pagaille qui décident de jouer à « si on était » ou à « je voudrais être ». Les thèmes abordés sont très proches alors des jeux de l’enfance. Ils se mettent vite à jouer aux gendarmes et aux voleurs, à papa-maman, à l’île déserte, à l’école, à la messe, au mariage, à la vie en somme.
Tout est pris au pied de la lettre, les gestes, les sentiments, les situations, les mots. Nous espérons, par cette démarche, aboutir à une forme simple, dynamique, forte qui soit un véhicule pour la pensée d’un auteur ou d’un groupe d’auteurs, comme c’est ici le cas.
THEATRE DU SOLEIL
En 1964, plusieurs jeunes comédiens et techniciens décident de s’associer pour constituer un « ensemble » où acteurs, décorateur, costumière, metteur en scène, auteur-adaptateur, photographe, graphiste, etc., pourront travailler en étroite collaboration. Le Théâtre du Soleil, organisé en coopérative ouvrière, est né. Il groupe aujourd’hui une cinquantaine de personnes dont un grand nombre, tout en étant comédiens, assume au sein de la compagnie un poste technique ou administratif. Après avoir joué en banlieue, en province, à Paris, « Les Petits Bourgeois » de Maxime Gorki dans l’adaptation d’Arthur Adamov, « Capitaine Fracasse » de Philippe Léotard d’après Théophile Gautier, « La Cuisine » d’Arnold Wesker, « Le Songe d’une nuit d’été » de William Shakespeare, « L’Arbre sorcier, Jérôme et la Tortue », la compagnie, à la recherche d’un lieu depuis juin 68 où elle a dû quitter le Cirque de Montmartre, répond avec plaisir à l’invitation du Théâtre de la Commune. C’est donc à Aubervilliers que sont créés « Les Clowns » en avril 69.
Ce même spectacle est repris en Avignon et sa banlieue lors du dernier Festival puis à Milan où l’accueille le Piccolo Teatro.
A partir du 26 janvier prochain, « Les Clowns » pourront enfin être créés à Paris grâce à Jean-Louis Barrault qui les reçoit à l’Elysée-Montmartre.
LA PRESSE
Après Aubervilliers, Avignon et Milan... « Les Clowns » enfin à Paris
Si nous rions, et nous avons mille raisons de rire, c’est que cette bouffonnerie nous venge et nous excuse tout à la fois...
Pierre Marcabru (Paris-Presse)
Ce que ces comédiens ont fait avec les clowns, peu de comédiens français sont actuellement en mesure de l’accepter et de le réussir.
Lucien Attoun (Europe)
Techniquement et esthétiquement le travail est admirable.
Renée Saurel (Les Temps Modernes)
C’est éblouissant de qualité technique et d’une drôlerie à jets continus qui finit par atteindre un rythme épuisant.
Michèle Grandjean (Le Provençal)
Le souffle poétique qui passe sur « Les Clowns » je ne l’ai senti que dans de très rares spectacles... « Les Clowns » restent des clowns et leurs plaisanteries atteignent à cette sublime naïveté qui est celle du grand comique de cirque, de théâtre ou de cinéma.
Guy Dumur (Nouvel Observateur)
Le premier spectacle par lequel le Théâtre du Soleil s’exprime à visage totalement découvert.
Philippe Madral (L’Humanité)
Le rire que suscite « Les Clowns » n’est pas un rire de dérision mais de révélation de soi-même, à soi-même et aux autres. C’est pourquoi les puritains en ont peur. Le sage ne rit qu’en tremblant.
Maurice Delarue (L’Humanité)
C’est tout le monde de l’enfance perdue qui revient pour un soir...
(Témoignage Chrétien)
« Les Clowns » ont transporté sur le théâtre la violence du Cirque...
Roberto di Monticelli (Il Giorno)
Tout ami du cirque sera soulevé de bonheur en voyant travailler une pareille troupe qui n’a son égale ni sur une scène de Paris ni chez Barnum... Vive donc les augustes d’Ariane Mnouchkine !
Louis Chauvet (Le Figaro)
Quand les clowns bondissent sur la passerelle jetée au milieu du public, ils sont si gonflés de lumière au-dessus de nos ombres ternes, qu’ils exercent sur nous le charme pervers des monstres sacrés.
Alfred Simon (Esprit)
« Les Clowns » c’est quelque chose de jamais vu au théâtre, quelque chose de très important pour l’avenir du théâtre...
Réjane Tronel (Dauphiné Libéré)
C’est un spectacle gorgé de joie et de tragique. Rythmé comme un cent mètres. Beau comme une rencontre décisive. Fou comme un rêve de prisonnier... une récréation qui agite - qui fait mal aussi - On n’en sort pas intact Dieu merci !
Maurice Sardou (Le Méridional)
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Traduction automatique :
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