Juifs / Kaboul / Laboratoire
Cette retranscription d’entretiens conserve un style très oral, nous vous remercions pour votre indulgence !
Les phrases en italique ont été prononcées lors des répétitions.
Les astérisques indiquent les mots faisant partie de l’abécédaire.
JUIFS
Ariane (08-01-2003, à propos d’une improvisation qui n’a pas été retenue) : Ce qui était beau dans les rapports entre les sons, les bruits, les non-bruits, la musique, c’est que ça m’a fait penser à la frontière suisse pendant la guerre* : la grimpette dans la montagne de vacances et de villégiature devenue montagne de terreur et de crainte pour les juifs qui essayaient de traverser.
KABOUL
Ariane (10-02-2003) : La libération de Kaboul, ce n’est pas comme la libération de Paris. L’angoisse subsiste, et ça m’a été suggéré par la mélancolie de ces deux femmes qui filment quelque chose de terrible, mais pas encore déterminant.
LABORATOIRE
ARIANE MNOUCHKINE : L’autre jour, il y avait un biochimiste du Collège de France qui était là et qui disait : "au fond, le Théâtre du Soleil, c’est comme un laboratoire scientifique, c’est un mélange d’entêtement et de hasard". Je ne me dis pas : « quelle technique vais-je mettre en œuvre ? ». Il se trouve qu’après, en réfléchissant, je m’aperçois que je croyais ne pas avoir de méthode, alors qu’il y en a une. En voyant Au soleil même la nuit, je me dis : au fond, il y a une méthode, mais je n’en suis pas consciente. Ce sont des aventures de chaque instant, des moments où je suis là et je dis : je vais démarrer.
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