Nous voudrions remercier les professeurs, tous ceux qui, sans se laisser décourager par la dégradation continue de leurs conditions de travail et la défiguration de leur mission, viennent chez nous avec leurs élèves, après les avoir préparés au spectacle, avec tant d’amour, de compétence et de ténacité.

Nous voudrions remercier, parmi les fonctionnaires des ministères, des régions et des villes, ceux qui, serviteurs obstinés de la République, tentent de pallier la politique actuelle de désengagement impitoyable de l’Etat.

Nous voudrions remercier parmi les citoyens français, ceux qui viennent nous voir dans nos théâtres, et ceux qui ne viennent pas et ne viendront peut-être jamais, mais qui, sans bouclier d’aucune sorte, payent leurs impôts, assurant bien seuls la solidarité abandonnée par les responsables au pouvoir. Nous voudrions remercier les spectateurs. Tous ceux qui arrivent dans nos théâtres, les uns après une journée de travail parfois sans horizon, sans relations humaines dignes de ce nom, les autres mettant de côté d’autres fatigues, par exemple, celle de l’âge ou celle du handicap.

Nous voudrions remercier tous ceux, bien plus jeunes que nous, qui choisissent la route escarpée et risquée de la troupe et du théâtre populaire.

Nous voudrions remercier tous ceux qui partagent avec nous, la conviction que le théâtre est un lieu de beauté, de réflexion éthique et donc de bonheur.

Nous voudrions vous remercier de nous avoir compris.

Le Théâtre du Soleil
A l’occasion de la 24ème Nuit des Molières
25 avril 2010