Paris, le 28 septembre 2000
Chers amis, anciens et nouveaux,
Les vacances ! Permettez-nous d’espérer qu’elles ont été aussi bonnes pour vous tous qu’elles l’ont été pour nous. Reposantes, distrayantes, amusantes, revigorantes, hilarantes, enthousiasmantes, éveillantes, stimulantes, émouvantes, bref enfantines ! Si pour certains cela n’a pas été le cas, si leurs vacances n’ont pas pu égaler leur rêve, ou si elles ont été touchées par le souci ou, pire encore, par le chagrin, que ceux-là sachent que nous leur souhaitons une rentrée apaisante et bienfaisante.
Et maintenant, aux nouvelles !
1) Une, que vous savez déjà, un peu “ grosse tête ”, mais si délicieuse : Vous avez fait de Tambours sur la Digue un immense succès !
2) Une, encore “ grosse tête ” mais si gratifiante : De septembre 1999 à juin 2000, nous avons donné 195 représentations (170 de Tambours sur la Digue et 25 de Et soudain des nuits d’éveil ).
3) Une, toujours “grosse tête ” mais si désirée : Cela veut dire que près de 105 000 d’entre vous sont venus nous voir.
4) Une espérée depuis si longtemps qu’elle en devient inespérée : Notre subvention a été enfin augmentée de un million de francs par la nouvelle ministre de la culture !
5) Une logique mais néanmoins formidable : Vous, si nombreux + subvention augmentée = bientôt plus de dettes !
6) Une qui n’étonnera pas ceux qui nous connaissent depuis longtemps : Il s’agit là du énième rétablissement de nos finances au cours de cette déjà longue histoire. Histoire d’une troupe et de son public. D’un public et de sa troupe.
7) Une, au Nord : Nous avons joué déjà sur les bords du Rhin dans la paisible et délicieuse ville de Bâle, accueillis par l’équipe de la Kaserne Basel, et sur les bords de l’Escaut dans l’imposant et magnifique port d’Anvers, accueillis par l’équipe du Singel.
8) Une, au Sud : Nous jouerons sur les bords du Rhône et de la Saône, dans la soyeuse et puissante ville de Lyon, du 5 au 27 avril, accueillis par les Célestins, Théâtre de Lyon.
9) Une “ suspendue ” : Si les dieux du théâtre continuent de voyager avec nous, vous devriez nous voir embarquer vers d’autres rives : celles du Saint Laurent à Montréal en mai, celles des Grands Lacs à Toronto en juin, celle de la Sumida-Gawa à Tokyo en septembre et, pour finir, celles du Pacifique à Sydney en janvier 2002... Bien sûr, nous vous tiendrons informés dès que nous aurons la confirmation définitive de tous ces merveilleux voyages.
10) Pendant que nous naviguerons sur terre et sur mer, nos nefs terrestres ne resteront pas désertes car, dès octobre, nous accueillerons :
deux spectacles, du 11 au 15 octobre et du 24 au 29 octobre 2000 :
(Attention, c’est demain ! Pardon de vous en avertir si tard.)
Le Théâtre du Volcan Bleu jouera Hamlet sur la route , une adaptation scénique de Hamlet de William Shakespeare, pour quatre comédiens qui jouent à eux seuls tous les rôles de la pièce, avec également des marionnettes et un film ; Geneviève Bady jouera La Sagouine , d’Antonine Maillet, l’histoire d’une servante, la Sagouine, "femme de la mer, née avec le siècle, fille de pêcheurs de morue, fille à matelots, puis femme de pêcheurs d’huîtres et d’éperlans." La pièce est dite en acadien par l’actrice qui jusqu’alors a raconté cette histoire dans des granges et des bistrots, et que nous recevrons dans notre foyer ;
les lundi 16, mercredi 18 et vendredi 20 octobre (Attention, pour trois représentations exceptionnelles !) : le Petit Théâtre d’Ombres Khmer, troupe itinérante composée de treize adolescents, musiciens et marionnettistes, jouera des fables traditionnelles cambodgiennes ;
du 14 novembre au 10 décembre, chez nos voisins et amis du Théâtre de l’Epée de Bois : la Compagnie du Feu Follet jouera Le Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare.
Nous vous parlerons plus tard dans un prochain courrier de l’arrivée en décembre d’Eugenio Barba et de ses deux spectacles, Mythos et Ode to Progress .
Nous vous parlerons aussi de l’envie qui nous démange de projeter chez nous, à la Cartoucherie, sur un vrai grand écran notre film Molière dont nous avons enfin pu tirer une nouvelle et superbe copie grâce à l’aide du Centre National du Cinéma. Qu’en dites-vous ? Le matin pour les classes et certaines soirées pour les “grands” ? Répondez-nous s’il vous plaît.
Sachez aussi que le Laboratoire de Recherche sur les Arts du Spectacle du CNRS organisera chez nous un colloque sur Vsevolod Meyerhold, pensé et animé par Béatrice Picon-Vallin, les 6, 7 et 8 novembre.
Voilà, c’est tout pour le moment. Ne croyez pas cependant vous en tirer à si bon compte ! Que vous le vouliez ou non vous aurez bientôt encore de nos nouvelles et de tout ce qui nous trotte par la tête et devrait nous réunir bientôt.
A bientôt donc, et que le monde qui nous entoure vous soit favorable.
Le Théâtre du Soleil
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