Marcho Doryla présente

TCHETCHENIE - L’hiver au Soleil

Du 6 au 12 mars 2002

Les écoliers dansants de Grozny Daymokhk (Terre des ancêtres)
Vingt-huit garçons et filles, de six à quinze ans ; quatre musiciens, un chorégraphe, Ramzam Akhmadov : c’est la troupe de danse Daymokh, que des chroniqueurs européens ont baptisée "les danseurs des ruines". Car ces enfants, qui interprètent des danses très acrobatiques à une vitesse endiablée, vivent toujours pour la plupart dans les décombres de la capitale tchétchène. Et ils vont chaque jour à l’école, la numéro 14 pour nombre d’entre eux, où, entre gravats et murs effondrés, ils tentent de poursuivre une scolarité "normale". Hormis le cadet de la troupe, tous vivent aujourd’hui leur seconde guerre.

Daymokhk, envers et contre la guerre

La troupe avait été formée début 1999 à Grozny. Ramzan Akhmadov, ancien danseur du Ballet national tchétchène, avait alors fait passer des auditions dans les écoles du quartier Lénine. Les soixante écoliers sélectionnés avaient commencé un rude entraînement pour assimiler un répertoire difficile de danses tchétchènes et caucasiennes. Quelques mois plus tard, la guerre éclatait. Les gosses étaient engloutis par la terre. Pendant des mois, ils ont vécu dans les caves et les abris anti-aériens de Grozny, ou réfugiés dans les alentours. Ramzan Akhmadov avait rejoint l’Ingouchie avec sa famille. Après la chute de Grozny, et l’arrêt des bombardements, il entreprit de localiser les enfants. Au bout de trois mois, il en avait retrouvé quinze à Grozny, et dix réfugiés avec leurs familles en Ingouchie et Kabardino-Balkarie. Il pouvait reformer la troupe. Un quaker anglais leur trouvait alors un sanatorium dans une république voisine, la Kabardino Balkarie où ils purent monter en quelques semaines un spectacle. En 2000, ils étaient invités à Istambul et Dusseldorf, où leur spectacle déclenchait un enthousiasme chaleureux. Les enfants rentraient de nouveau à Grozny. En 2001, ils ont monté un nouveau spectacle en cinq semaines et sont venus en bus, depuis l’Ingouchie jusqu’en France, où des amis de la troupe ont organisé un spectacle dans un gymnase de Saint Ouen (Association Mains d’œuvre). Quelques jour après, une représentation s’improvisait à la Cartoucherie, au Théâtre du Soleil, et.…incroyable, la salle était comble. La guerre dure toujours...Une association informelle d’amis, de gens du spectacle et de la culture et aussi de grands théâtres et centres chorégraphiques se sont rassemblés autour d’un projet : permettre une rencontre entre la culture tchétchène aujourd’hui condamnée au silence ou à l’exil et des représentants de la société française ; donner un visage à une population civile oubliée. Le Théâtre National de la Colline, le Parc de la Villette, le Théâtre de la Ville, la Ferme du buisson, le Théâtre du Soleil, I’association Marcho Doryila (constituée d’artistes et d’intellectuels) avec le soutien de la Ville de Paris, le Ministère de l’Education Nationale Ministère de la Coopération, se sont assemblés pour que cette manifestation puisse avoir lieu.

mercredi 6 mars à 20h30, vendredi 8 mars à 20h30, samedi 9 mars à 20h30, dimanche 10 mars à 16h. Prix des places : bons de participation : 10€ (recette intégralement reversée à la troupe d’enfants). Entrée gratuite pour les moins de 12 ans et les groupes scolaires.

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Nuit du cinéma

jeudi 7 mars à partir de 19h. Projection de films : Eliso, fiction de Nikolaï Chenguelaïa, 1928 (35mm), Le loup et l’amazone, documentaire de Mylène Saulnoy, 2000, Il était une fois la Tchétchénie, documentaire de Nino Kirtadze, 2000. Et d’autres films surprise... Entrée libre.

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Exposition de relevés de pétroglyphes en Tchéchénie

D’après les travaux de Ruslan Arsanoukaev, archéologue tchétchène Ruslan Arsanoukaev, archéologue tchétchène, est aujourd’hui à Bakou en Azerbaïdjan. Fuyant les bombardements enTchétchénie, en novembre 1999, il avait traversé la chaîne du Caucase à pied, dans la neige, sous un feu nourri, emportant avec lui des dessins de pétroglyphes qu’il avait pu sauver : des 180 relevés qu’il a effectués de 1989 à l999 (début de la guerre actuelle) sur d’anciennes tours de défense tchétchènes, 80 sont parvenus en Géorgie, puis dans un deuxième temps en Azerbaïdjan. Les autres ont été détruits au cours des bombardements depuis la première guerre (94-96). Les tours appartiennent à de vastes complexes architectoniques parsemant le sud de la Tchétchénie ; elles ont été systématiquement bombardées au cours des deux guerres. Les dessins de Ruslan constituent donc une mémoire de grande valeur de l’histoire tchétchène. D’une guerre à l’autre, toute empreinte d’un passé du peuple tchétchène sur cette terre est systématiquement saccagée, effacée. Face a l’urgence, Ruslan a effectué des relevés et pris des centaines de photos des tours et des pétroglyphes, sans pouvoir s’attarder à en chercher une interprétation. Il est temps aujourd’hui de donner toute sa valeur à ce travail unique -et émouvant- d’entamer l’ébauche d’une interprétation. Le projet consiste donc à inviter Ruslan Arsanoukaev à exposer ses 80 dessins et une partie de ses photos, et à lui permettre de débattre avec des archéologues et autres spécialistes du Caucase.

du 6 au 12 mars. Photos de Bruno Stevens et Stanley Greens et relevés de pétroglyphes médiévaux. Entrée libre.

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Musique

dimanche 10 mars à 20h30. Un concert-enregistrement public dun disque pour la Tchétchénie, engageant divers artistes solidaires, de Paris et d’ailleurs, destiné aux jeunes en Tchétchénie.