Dans le cadre du 15ème Festival de L’Imaginaire
avec la Maison des Cultures du Monde

Le Théâtre du Soleil
et Arta

accueillent
au Théâtre de l’Aquarium

Machigai no Kyogen ou Le Kyogen des erreurs
par la troupe Mansaku no Kai Kyogen

avec
Mansai Nomura et Ukon Miyake, Yukio Ishida

Stage à Arta coréalisé avec L’Atelier de Paris - Carolyn Carlson
Du 28 février au 18 mars 2011

Représentations au Théâtre de l’Aquarium
le samedi 19 mars et le dimanche 20 mars 2011 à 11h30
le lundi 21 mars et le mardi 22 mars 2011 à 19h30
en japonais, surtitré

Machigai no Kyogen de Yasunari Takahashi, d’après La Comédie des Erreurs de Shakespeare

et deux programmes de Kyogen traditionnel


Location :
• au Théâtre du Soleil : 01 43 74 24 08, tous les jours de 11h à 18h,
• au Festival de l’Imaginaire (Maison des Cultures du Monde) : 01 45 44 72 30, dès le 15 février,
• à la Fnac.

Prix des places : 38 € (Individuels), 30 € (Collectivités, Abonnés Festival de l’Imaginaire), 22 € (Chômeurs, Etudiants - 26 ans)

Le théâtre ouvrira une heure avant le début de la représentation.
Vous pourrez vous restaurer sur place lors de l’entracte d’une heure qui sépare le programme de kyogen traditionnel du kyogen shakespearien.

Informations concernant le stage : Arta, 01 43 98 20 61

Représentations rendues possibles grâce au soutien de l’Agency for Cultural Affairs, Gouvernement du Japon.


Nés au XIVe siècle, le et le kyôgen sont les premières formes proprement théâtrales du Japon. Le kyôgen (littéralement, « paroles folles ») est le complément comique du . Si le , dominé par la recherche d’une subtile élégance, est un art solennel reposant sur des thèmes « élevés », mettant l’accent sur la méditation et la mémoire, le péché et le salut, le kyôgen s’inspire au contraire de la vie quotidienne pour présenter sur un ton comico-satirique des situations construites sur les habitudes et les petits travers des gens du commun, témoignant ainsi ouvertement de la nature humaine en maniant merveilleusement bien l’humour.

Traditionnellement jouées sur plusieurs heures, les pièces de sont souvent austères et exigeantes, c’est pourquoi elles sont chacune précédées et suivies d’une farce kyôgen visant à détendre le public. À la majesté hiératique du , théâtre masqué centré sur la danse et le chant, le kyôgen oppose un art du dialogue et du geste où les corps et les visages sont particulièrement expressifs, et peuvent, d’un mouvement ou d’un regard, faire rire une salle entière. Deux ou trois personnages suffisent à l’argument, articulé notamment autour du couple maître - valet. Intermèdes délassants, les comédies kyôgen n’en revêtent pas moins une portée philosophique. En effet, si le exprime ce que nous voudrions être, le kyôgen exprime ce que nous sommes et son acceptation : deux chemins conduisant à la sagesse.

Né en 1966, Mansai Nomura est le fils de l’acteur Mansaku Nomura, patriarche de la troupe Mansaku-no-kai Kyogen et « Trésor National Vivant » au Japon. Acteur de grand talent et directeur artistique du Setagaya Public Theater de Tokyo, Mansai Nomura s’emploie à encourager un certain rapprochement entre les arts traditionnels japonais et d’autres répertoires. Comptant parmi les meilleurs interprètes de kyôgen, il s’illustre également au cinéma, notamment en 1984 dans le film Ran d’Akira Kurosawa. Fort d’une très bonne connaissance de l’œuvre de William Shakespeare, il a adapté certaines de ses pièces au « langage » kyôgen. C’est le cas du Kyôgen des Erreurs, tiré de la Comédie des Erreurs, la plus courte et la plus farcesque des pièces de Shakespeare. Créé pour le Globe Theatre de Londres, il est joué ensuite à Tokyo puis au Festival International de San Francisco et au Kennedy Center de Washington.

Pour ces représentations exceptionnelles, seront présentés le Kyôgen des Erreurs ainsi qu’un programme de kyôgen traditionnel composé des célèbres pièces Boshibari (Attaché à un bâton) et Kusabira (Les Champignons). Dans Boshibari, deux valets ivrognes sont attachés à un bâton par leur maître pour qu’en son absence ils ne commettent aucun larcin ; en dépit de leurs entraves, ils trouveront le moyen de dérober le saké tant convoité... Dans Kusabira, des champignons démoniaques (!) envahissent une maison ; il conviendra donc, par tous les moyens, de se débarrasser de cette très loufoque invasion.

Le Kyôgen des Erreurs, dédié à la Compagnie de Kyôgen Mansaku-no-Kai a été écrit par le professeur Yasunari Takahashi. À part des coupes mineures, pratiquement toutes les scènes majeures de La Comédie des Erreurs sont reproduites dans Le Kyôgen des Erreurs. Les principales différences concernent le nom des lieux et des personnages. Le lieu situé en Italie et nommé Syracusa rappelle le lieu nommé Shirakusa au Japon qui signifie “herbe blanche” et a donné l’ “île blanche” dans l’histoire. Sachant cela, Ephèse — lieu où se déroule la pièce de Shakespeare — devient Kurokusa (“herbe noire” ou “île noire”). La mer Méditerranée est remplacée par l’archipel “Seto-naikai” — un archipel situé dans la partie est du Japon. Antipholus s’appelle Ishinosuke, et Dromio devient Taro-kaja — nom habituel de l’équivalent d’Arlequin dans le Kyôgen traditionnel. Permettez-moi à présent de vous donner une clef pour mieux comprendre la pièce. Durant la représentation, les jumeaux de l’Île Blanche entrent et sortent uniquement par le rideau blanc situé à gauche de la scène, tandis que leurs homologues de l’Île Noire (joués par les mêmes acteurs) utilisent le rideau noir situé à droite de la scène. Une fois que vous avez compris cette règle, riez et régalez-vous devant la confusion des personnages.

Mansai Nomura


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Kyogen au Globe