Texte : William SHAKESPEARE
Traduction : Jean-Michel DEPRATS
Mise en scène, adaptation et scénographie : Lucile COCITO

Du 14 octobre au 13 novembre 2011

Relâches exceptionnelles : dimanche 30 octobre et vendredi 4 novembre

du mardi au samedi à 20h
dimanche à 15h.
Réservation au 01 43 74 24 08 à partir du 5 septembre 2011, du lundi au samedi de 11h à 18h.


Avec Yannick BELLISSARD, Shaula CAMBAZZU, Lucile COCITO, Hélène GEDILAGHINE, Jochen HAEGELE, Florian HUTTER, Didier ISMARD, Pierre-Marie ROCHEFORT-SCHNEIDER,
Patrice ZONTA.

PDF - 5.4 Mo
Dossier pédagogique

Assistante : Mélanie ZERKA
Composition musicale : Marilou COCITO
Chorégraphies : Shaula CAMBAZZU
Costumes : Selma KIP
Décors : Catalina LABRA
Éclairagiste : Colin LEGRAS
Régie lumière : Camille BRECHBULER
Vidéo : Kamran SOURESRAFIL


Un roi, qui peut être une reine, déchu et exilé avec sa fille sur une île déserte aux antipodes. Un très fameux naufrage, des hommes perdus, des traîtrises, des esprits vils ou aériens, de la musique, de l’étrange, du surnaturel, de la folie, de l’amour, de l’espoir... Voilà le décor de La Tempête.
La Tempête, dernière pièce de Shakespeare semble faire le bilan de toute son œuvre. Les grandes questions du siècle de la Renaissance, celui de l’Humanisme conquérant, y sont comme rassemblées : l’Homme face à la nature, l’utopie d’un monde meilleur, promis mais non encore découvert ; l’exercice du pouvoir monarchique, sa tyrannie, le poids de la religion, les prémisses de l’éducation, la connaissance et ses limites...
Nous sommes au temps des grandes découvertes, des îles mystérieuses et des rêves inavoués, Léonard cherche à s’élever dans les airs pareil à un oiseau, Copernic va plus loin et fait trembler des lois ancestrales jusque-là sacrées. Shakespeare nous dévoile ce monde dramatique et merveilleux où l’Homme est révélé dans toute sa puissance mais aussi dans toute sa misère : sa nature primitive rivalise avec son aspiration à la civilisation et il trébuche sans cesse pour apprendre sans oublier.
Nous y sommes au temps de cette immense « révolution » qui voit naître l’astronomie et déplace les repères de la civilisation terrienne bien au-delà du monde connu, au plus près peut-être de ses origines, dans un territoire encore inviolé, que nous appelons aujourd’hui communément l’Espace.
Le vœu secret de Prospero serait-il toujours le nôtre : revenir au chaos pour chercher à l’ordonner ?


Note d’intention

Depuis la nuit des temps, les hommes se racontent des histoires, pour partager leurs expériences du monde, explorer les différentes façons d’appréhender les problèmes et les aventures de la vie, et essayer de comprendre la signification profonde qui se dissimule derrière le quotidien. Certaines de ces histoires ont pris, peu à peu, la dimension de mythe, avec le pouvoir d’inspirer et de guider, génération après génération, ceux qui veulent bien les entendre.

Il me semble que cette inquiète lueur d’espoir et de désespoir, ces interrogations sur le destin de l’homme, son histoire, ses contradictions, sa part d’ombre, peuvent, aujourd’hui encore, remuer profondément le public.

Tempête de l’âme et de l’esprit,
Tempête des éléments,
Tempête d’émotions et de passions,
Tempête de sentiments sombres,
Tempête de rage et de colère,
Tempête d’injustices et de trahisons,
Tempête d’espoirs et de désespoirs,
Tempête humaine et sauvage,
Tempête d’amour et de haine,
Tempête des peurs et des interdits,
Tempête de pouvoirs et d’innocences,
Tempête de mots et de notes poétiques,
Tempête de l’imaginaire et de la folie.

Prendre le temps, se l’octroyer, le provoquer comme Prospero qui délègue ses pouvoirs à son frère et lui laisse la porte ouverte afin que celui-ci lui usurpe son duché et l’exile. Cet exil, comme le dit Prospero, est un mauvais tour et une bénédiction.
Ce voyage n’est pas seulement une aventure physique qui transporte Prospero d’un lieu vers un autre ; il s’agit d’un voyage spirituel, au cours duquel Prospero passe de l’innocence et de l’ignorance à l’expérience et à la connaissance. Il s’agit d’un voyage à la découverte de soi-même, une expédition dont le but véritable n’est autre que notre royaume intérieur, là où se concentrent toutes nos forces et nos faiblesses.

Mais prenons-nous ce temps ? Et pourquoi ? Pour nous réfugier dans un monde de rêves et d’émerveillement, échappant ainsi à une réalité humaine que nous avons nous-même fabriquée ?
Contradictions ? Oui bien sûr, car au-delà des bienfaits de cette quête, l’homme veut toujours plus, plus loin, plus extrême… Pour arriver à quel but ? Avoir un contrôle absolu sur la nature et les éléments, quitte à vendre son âme pour y parvenir ? ...

Et c’est également à travers les yeux émerveillés et innocents de Miranda, que Shakespeare nous impose une vision de l’homme, la vision subite de l’humanité des premiers jours… L’homme est beau… Le réel est beau en profondeur à chaque fois qu’on l’aperçoit.

Le nouveau Monde de Shakespeare, c’est sans doute le possible de l’homme et de la terre dans un univers capable de se renouveler. Cette réalité humaine peut aider véritablement l’homme à prendre le monde dans ses mains, mais non, comme il en a coutume, pour le détruire et l’avilir.