Collectif de réalisation Jean-Pierre Bodin, Alexandrine Brisson et Jean-Louis Hourdin

Textes Jean-Pierre Bodin, Alexandrine Brisson, Christophe Dejours, Sonya Faure (Libération 15 avril 2009), Simone Weil

Avec Jean-Pierre Bodin et la participation de Christophe Dejours

Compagnon de route Jean-Louis Hourdin
Images Alexandrine Brisson (chef opérateur Frédéric Mousson)
Musique Thibault Walter
Travail chorégraphique Cécile Bon
Lumière Gérard Bonnaud
Régie et constructions Jean-Baptiste Herry
Régie générale Hugues Le Chevrel
Régie lumière Jérôme Mathieu
Costume Alexandrine Brisson

Du 10 décembre 2015 au 10 janvier 2016

du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h (Relâches jeudis 24 et 31 décembre, vendredi 25 et 1er janvier) | durée : 1h20

Prix des places : 15 € | 10 € | 6 €
Réservations : 01 43 74 24 08

 


. autour du spectacle :
Ven. 11 déc. : rencontre avec Christophe Dejours, psychiatre, directeur de la chaire « Psychodynamique du travail et de l’action » au CNAM. Sam. 12 et dim. 13 déc. : projections et débats à l’initiative du Festival international Filmer le travail. Mar. 15 déc. : rencontre avec Rachel Saada, avocate, spécialiste en droit social. Ven. 18 déc. : rencontre avec Marie Pezé, docteur en psychologie, psychanalyste, expert auprès de la Cour d’appel de Versailles. Mer. 6 janv. : rencontre avec Christophe Dejours et Benoît Hamon, ancien ministre de l’Éducation nationale et député des Yvelines ; Benoît Hamon se bat pour que le « Burn-out » soit reconnu comme une maladie professionnelle.


 

 

« Très nombreux, chacun seul », ainsi peut-on résumer le sentiment que partage la majorité d’entre nous au travail. Nombreux dans l’entreprise, dans sa profession, mais seul face à son travail, face à soi-même.
S’emparant de paroles populaires et de pensées empruntées à des poètes, philosophes, chercheurs et journalistes, Jean-Pierre Bodin et ses complices racontent l’état du monde du travail. Et si ce monde génère de la souffrance, il n’y a pas de fatalité !

Essayons !
La geste du geste
Un poème hommage à l’ouvrage de l’ouvrier
Sur la dignité du travail
Sur la fierté d’être précis et le précieux du faire
Sur le bonheur d’être par son action utile et au cœur de la communauté, indissociablement lié à elle
Sur la fraternité aujourd’hui oubliée : l’autre est nuisance dit-on
Sur l’espoir de retrouver un vrai et juste temps, un vrai et juste espace pour que se développent les choses humaines.
Un chant joyeux contre ceux qui bafouent le vivant. Se dresser avec des poèmes, des pensées, des chants, des images de vraies vies et de la musique, pour que cesse l’arrogance de ceux qui détruisent la pensée, l’âme, le cœur et le corps des femmes et des hommes.

Au départ de ce nouveau cru, notre désir de parler du monde ouvrier. Nous voici partis à la rencontre d’ouvriers, à Saint Junien, Sommières, Melle, Niort, Châtellerault, Chauvigny… avec nos carnets de notes, notre micro et pour la première fois avec une caméra pour glâner témoignages, gestes d’hommes au travail, visages, usines. Nous voici aussi plongés dans les textes de Simone Weil, Henri Chombard de Lauwe, Christophe Dejours, François Bon, Bertolt Brecht, Etienne de La Boétie, au festival « filmer le travail », ou fouillant dans L’inventaire des mémoires ouvrières de Poitou-Charentes.

Peu à peu s’est dessinée une direction plus précise, et nos recherches se sont concentrées une fois de plus à Chauvigny (ville fondatrice du Banquet de la Sainte-Cécile et par laquelle repassent tous les spectacles suivants). Nous découvrons en effet un article de Sonya Faure, journaliste à Libération, retraçant la vie d’un homme et de l’entreprise qui l’emploie. Cet homme se nomme Philippe Widdershoven, il était à la fois directeur informatique et délégué CGT au sein de la fabrique de porcelaine de Chauvigny. Il se donne la mort le 24 mars 2009, en laissant une lettre sur son lieu de travail demandant à ce que son suicide soit reconnu comme accident du travail. Et, fait rarissime, son acte est déclaré comme tel par l’entreprise.

La question de la souffrance au travail s’impose alors comme incontournable.
Le sujet nous amène à Christophe Dejours (chercheur, psychiatre spécialiste de la souffrance au travail) qui accepte d’être « mis en scène » et filmé pour que sa parole, sa pensée de chercheur, vienne sur le plateau éclairer le récit.

Aujourd’hui, le spectacle s’articule autour de pensées diverses (paroles populaires, journalistiques, scientifiques, philosophiques, poétiques), d’images de jardins ouvriers, d’usines, de visages, de gestes de travailleurs. Jean-Louis Hourdin (metteur en scène, « délégué de la parole des poètes »), Roland Auzet (compositeur) et Cécile Bon (chorégraphe) nous accompagnent pour raconter par le théâtre et, toujours entre rires et larmes, cet état des lieux du monde du travail.
Mais comme le dit si bien Christophe Dejours : « Il n’y a pas de fatalité » ! Le théâtre permet aussi de rester debout et donner à entendre et à voir un chant joyeux contre ceux qui bafouent le vivant.
Jean-Pierre Bodin et Alexandrine Brisson