D’après Luc Boltanski
Mis en scène Murielle Bechame

Dramaturgie Sabine Quiriconi
Photo Christian Boltanski
Scénographie Walter Carreri
Création sonore Guillaume Le Hénaff

Avec Eric Da Silva, Murielle Bechame

Du 17 janvier au 25 février 2018

 

 

 

 

 

 

Note d’intention
La guerre d’Algérie qui a constitué un moment central et dramatique de l’histoire du XXème siècle, a fait l’objet en France d’une sorte d’amnésie de la fin de la guerre d’Algérie en 1962 pratiquement jusqu’aux années 2000. La pièce se situe vingt ans plus tard, dans un autre moment historique marqué par l’arrivée au pouvoir de Mitterrand et des socialistes début des années 80. À travers le destin, marqué par le souvenir traumatisant de la guerre des deux personnages principaux et leurs difficultés à reconstruire une vie, la pièce interrogera aussi bien ce traumatisme que cette amnésie.
D’un point de vue formel, le projet est de réélaborer le mélodrame du XIXème siècle dans l’esthétique du roman photo, forme populaire encore très vivante à l’époque des évènements relatés dans la pièce. Centrée sur la question de la mémoire et de l’amnésie, la pièce fera en effet un grand usage de la photographie, base du jeu entre les personnages.
Dans une continuité avec le "Muriel ou le temps d’un retour" d’Alain Resnais, Luc Boltanski propose un roman photo, á partir de l’histoire d’un intellectuel de retour en Algérie qui revient sûr de sa bonne conscience, juste après les élections de F. Mitterrand en France.
Amnésie : Dans une écriture très durassienne, Julien, revient sur les lieux, on dirait á l’entendre que rien n’a changé. Sur un ton de quotidienneté, les souvenirs appelés par les photos, les diapos, se confondent entre eux et avec le présent : suspensions provoquant le retour des souvenirs inavoués.
Jeux d’acteurs et images vidéo s’interpénètrent et viennent transformer la réalité des images ou approfondir les aveux qui ne se disent pas.
Cette écriture qui á partir de la mémoire de l’un, Julien. L’un : identité imaginaire ne pouvant se tenir debout que dans la confusion de ses souvenirs et des identités changeantes qu’il prête aux visages pour que les faits restent enfouis, qu’il n’y ait pas réparation.
Le réel alors, advient par une juxtaposition de temps, de lieux et de personnes qui semble alogique. Et la conscience ? Si elle n’est pas réduite á chose morale, alors elle fait le trajet jusqu’au caché, jusqu’au sens du caché, jusqu’á sa nécessité á rester cachée. Alors, la morale, le discours, la conscience, et l’idée d’une identité ne tiennent plus devant l’émergence du réel, les faits.
Muriel Bechame

 

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Dossier artistique