Le Théâtre de l’Épée de Bois accueille Jean-François Matignon et la Cie Fraction,
avec le soutien amical du Théâtre du Soleil

LA FILLE DE MARS, d’après Penthésilée de Heinrich von Kleist

Traduction Julien Gracq
Mise en scène Jean-François Matignon

Avec Johanna Bonnet, Sophie Mangin, Julie Palmier, Pauline Parigot, Thomas Rousselot, Sophie Vaude

Du 19 octobre au 19 novembre 2017

REPRESENTATIONS ANNULEES

 


Représentations : le jeudi et le vendredi à 20h30, le samedi à 16h et à 20h30, le dimanche à 16h
Informations et réservations auprès du Théâtre de l’Épée de Bois : 01 48 08 39 74 ou www.epeedebois.com


 

« Sur le champ de bataille, une femme qui fut reine des Amazones, Penthésilée, raconte sa rencontre avec Achille et leurs corps engagés dans une guerre amoureuse. Par la force de sa parole se rejoue la tragédie de cette femme déchirée entre la culture qui l’a façonnée et la brûlure incandescente du premier homme . »

 

NOTE DE MISE EN SCÈNE



Une femme apparaît. Elle semble naître de la ma ère même des murs qui l’entourent.
C’est Penthésilée, l’Amazone, déjà morte.

Elle raconte l’histoire.

L’histoire qui a eu lieu, il y a longtemps.
Celle de l’affrontement entre Penthésilée et Achille sur le champ de bataille de Troie.

Ce pourrait être un lieu aux murs habillés de vieilles tapisseries aux motifs inconnus. On y découvrirait, sous le papier défraîchi et déchiré, des traces de peintures cannibales, des plans évoquant la guerre de Troie, des restes d’armées...
Il y aurait quelques vestiges d’un escalier en surplomb au-dessus de la table sur laquelle reposeraient les deux corps morts... Une pénombre sépulcrale.

C’est dans ce lieu, que Penthésilée, celle qui revient d’après la catastrophe, raconte : elle parle de l’histoire des Amazones depuis leurs origines, des ultimes paroles d’Otréré, sa mère, la reine des Amazones, sur son lit de mort, de sa rencontre avec Achille, rencontre solaire sur le champ de bataille, et du bouleversement amoureux radical qui la saisit à cet endroit et qui l’entraîne loin de son devoir de reine.

On s’apercevra alors que Penthésilée n’est plus seule. Une autre femme, une Amazone, Prothoé, fidèle entre les fidèles, est là. Elle écoute Penthésilée affirmer son désir de poursuivre le combat, alors que déjà le nombre de prisonniers nécessaires à la reproduction est atteint. Ces paroles, elle les a déjà entendu une fois, il y a longtemps...

Alors, à nouveau, Prothoé parlera à sa reine. Elle s’opposera à la décision de son amie, comme elle l’a déjà fait une fois, il y a longtemps, sans doute pour la première fois de sa vie. Et comme ce e fois-là, elle finira par la
suivre, malgré tout, dans sa furie amoureuse obsessionnelle.
Michèle Jung a écrit ceci à propos de la pièce de Kleist : « Nous assistons à
une suite de cataclysmes intérieurs, à une onde de choc émotionnelle qui
se propage. Le personnage irradiant de Penthésilée (et son miroir Achille)
 est amené en peu de temps à vivre des états paroxystiques si violents
qu’aucun corps humain ne pourrait y résister. »

Cette « onde de choc émtionnelle » est la clé de ce qui va suivre. A l’ombre
sépulcrale, va succéder « une lumière de plomb fondu , comme chez le
Greco ou Goya. Aux vestiges se substitue une terre brûlée, vibrante, zone
de stridences et de crissements.

Là, se trouvent face à face Achille et Penthésilée, tels qu’ils furent au cœur
de la bataille, deux corps engagés dans une guerre amoureuse à mort. Et
à nouveau, sous nos yeux, ils jouent jusqu’à l’ivresse « la scène d’amour
dans le cercle de feu de la bataille » qui mène au « meurtre du héros
solaire déchiqueté par le peuple lunaire, nocturne, des femmes. »

Jean-François Matignon

 

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Dossier artistique