"Angela et Marina" est une production de la compagnie Théâtre Italique en coproduction avec le Conseil Régional de Haute-Normandie dans le cadre du festival "Théâtre en région", la Scène Nationale Petit-Quevilly, le soutien du Centre Culturel Canadien, de la DRAC-Ile-de France et de la SPEDIDAM.

Le texte de la pièce est édité chez Actes Sud-Papiers

L'équipe de création

   
Texte
Nancy Huston en collaboration avec Valérie Grail
Mise en scène
Valérie Grail
Musique originale
Florent Marchet et Stefano Genovese
Chorégraphie et costumes
Gérald Weingand
Scénographie
Philippe Marioge
Lumières
Catherine Reverseau
Création de « Lulla »
Erhard Stiefel
Assistants à la mise en scène
Jean-François Favreau et Christine Hooper
Avec
Catherine Schaub (Angela)
Dominique Sicilia ( Marina )
Compagnon musicien
Stefano Genovese

Résumé

Marina : Alors comme ça, tu prépares un spectacle sur notre enfance 

Angela : Je force un peu le trait c'est ma spécialité 

Marina : Mentir serait plus près de la vérité

Angela : J'aime bien « Mentir serait plus près de la vérité »

Angela et Marina, que nous avons audacieusement défini comme une tragi-comédie musicale évoque la vision opposée de deux sœurs face à l'abandon maternel et à la création artistique.

Angela, comédienne, répète un spectacle comique et musical inspiré par l'abandon de sa mère, célèbre danseuse, lorsque Marina, sa sœur anorexique, étudiante fascinée par l'holocauste vient perturber, cette mise en scène de leur propre histoire.

Au cœur d'un conflit entre le corps et l'esprit, cette pièce mêle plusieurs formes du spectacle vivant autour d'une interrogation intime sur la nécessité de la création artistique.

Note d'intention de Valérie Grail

Angela et Marina témoigne d'une lutte passionnée et pourtant dérisoire entre l'art et la vie, entre le corps et l'esprit. Ce projet réunit différentes formes du spectacle vivant qui ont toujours été au cœur de mon travail, pour aborder des thèmes que je n'imaginerais pas évoquer sans la singularité d'un auteur tel que Nancy Huston : ceux de l'abandon, de la maternité et de la création.

J'ai le goût de mettre en scène des histoires qui empruntent les pistes menant de notre intimité à notre humanité, de la brutalité de notre quotidien à sa poésie. J'ai donc au cours de l'élaboration des spectacles, voyagé au cœur de tous les dangers du sentimentalisme ou du politique… toute création affronte ses démons dans la cuisine . Les combats à mener pour que notre art transpose nos vies sans en trahir la vérité sont parfois sauvages. Je croyais ne jamais avoir l'occasion de raconter un jour sur scène l'universalité de ces passions d'arrière-salle car j'en redoutais l'égocentrisme. Je me résignais à ce que certains de ces conflits ne restent qu'un sujet de conversation féminine partagée au mieux par quelques hommes empathiques. Et puis, j'ai lu différents textes de Nancy Huston, jusqu'à la découverte de La Virevolte qui s'est imposé à moi pour donner naissance à un nouveau projet en balayant mes doutes.

Depuis toujours, mon travail associe le jeu théâtral à la musique, quelquefois au chant et à la danse. Par goût tout simplement, dans la quête d'une plénitude de spectateur bien sûr, par nécessité artistique sans aucun doute. Avec nous un compagnon musicien comme dans 1962 , une omniprésence de la musique pour Avant de voir son visage joué par une actrice musicienne, une forme qui s'apparente à celle de la comédie musicale, comme dans les Mystères de Marseille et plus encore dans les Modistes .

La rareté des pièces contemporaines pouvant répondre à mes attentes dans cette forme particulière m'a souvent conduite à adapter des œuvres non dramatiques, en aller-retour de la feuille à la scène. J'ai ensuite eu la chance de pouvoir travailler dès l'origine des projets en étroite collaboration avec leurs auteurs comme avec Mohamed Kacimi, j'ai le bonheur aujourd'hui de le faire avec Nancy Huston. Son goût pour les entrelacs et les chocs des formes littéraires, le rythme de son écriture et la profondeur de l'émotion qui se dégage de ses textes sont pour moi les fils tendus vers les corps des actrices et l'âme de ce projet.

Valérie Grail

Note d'intention de Nancy Huston

Écrire pour le théâtre est pour moi un vieux rêve ; j'ai moi-même fait du théâtre à New York avant de venir m'installer à Paris, et mon écriture romanesque est traversée depuis le début par "du théâtral" : écoute des voix, des rythmes, omniprésence de la musique, du mouvement, préoccupation avec la vivacité et la véracité des personnages plutôt qu'avec une éloquence purement littéraire. Je conçois ANGELA ET MARINA non comme une adaptation de mon roman LA VIREVOLTE, mais comme un de ses prolongements possibles (il y en a eu, il y en aura sûrement d'autres) ; le projet, tel que nous le concevons avec Valérie Grail, me paraît très riche en possibilités d'exploration théâtrale et musicale. Ici pour la première fois, je pourrai donner libre cours à mon désir de combiner le chant, la danse et la parole, de passer par toute la gamme des émotions entre l'humoristique et le tragique. Dire, à travers l'interaction de ces deux sœurs si différentes, l'ambivalence des femmes vis-à-vis de la maternité, et de l'art, leurs complicités et leurs conflits – mais le dire autant par le corps et par le silence que par les mots – c'est une chance nouvelle qui m'est offerte et je m'en réjouis...

Nancy Huston

 
 
 
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