(…) Il s’agit
de nous, de toi et de vous. Nous avons enquêté, mais ce
sont des gens comme nous que nous sommes allés voir. Ceux qui
nous révèlent notre courage, notre bonté, notre
fraternité, je les appellerai les Sauveurs, et ceux qui nous révèlent
notre honte, notre lâcheté, notre indifférence obstinée,
je les appellerai les Sabordeurs. Nous sommes sauveurs et sabordeurs
de notre vie, nous sommes naufrageurs et sauveteurs. Naufrageurs parce
que nous mangeons le bien de nos enfants, sauveteurs parce que nous voulons
quand même qu’ils lisent des livres. Voilà la différence.
J’essaie très aveuglément de nous éclairer.
(…) 10 avril 2006
(…) Il ne faut pas faire de grands mausolées
de nos souvenirs. Par exemple, la broche de ma grandmère
est à elle seule le temple de ma grand-mère. (…) 10
mai 2006
(…) Il faut que vous gardiez cette espèce de terrain
vague du passé, les vastes parcs à la fois désolés
et fertiles, et inattendus, et les gouffres de la mémoire. Ne construisons
pas trop vite. Le propre du deuil, souvent, c’est qu’il éprouve
la relation de ceux qui restent. (…) 15 mai 2006
(…) Il y
a des scènes commes des petits incendies, d’autres comme des
inondations ou des tempêtes, des scènes qui sont dans la rivière
qui passe, et il y a des scènes qui sont comme le caillou dans la
chaussure qui fait une petite entaille à la plante du pied. (…)
16 mai 2006
(…) Avançons par lambeaux, par parcelles… 15
mai 2006
Extraits de notes de répétitions
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