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Les Ephémères
 

(…) Il se trouve que nous sommes en train de faire un spectacle qui parle d’instants… Du présent qui n’est déjà plus le présent au moment où je vous dis le mot présent. Peut-être de la beauté des êtres et de la difficulté que nous avons à appréhender cette beauté. Et, lorsque nous réalisons parfois combien cet instant était beau, eh bien, il est déjà passé.

C’est un spectacle qui est fait des instants qui nous ont faits. (…)

Nous espérons, nous sommes sûrs, que les instants qui nous ont faits sont très proches des instants qui vous ont faits. Que les deuils que nous avons vécus sont très proches des deuils que vous avez vécus. Que les abandons que nous avons subis sont proches des abandons que vous avez subis, et que nos amours, nos passions, nos espoirs sont aussi les vôtres. (…)

Parfois, nous ne savons pas très bien ce qu’est ce spectacle qui est en train de nous advenir.

Ce qui est difficile à avouer, à admettre parfois, c’est que le spectacle qui est en train de nous arriver, il nous arrive par « nous ». Et donc par « vous », par nos ressemblances. (…)

Nous travaillons sur le concret de nos vies, le concret de nos mères, de nos pères, de nos grands-pères, de leur absence, des moments où ils nous ont fait du bien et des moments où ils nous ont fait du mal. Des moments où, nous aussi, leur avons fait du mal. (…)

Est-ce qu’on se ressemble ? Le pari, c’est que oui !

Extrait d’une rencontre avec le public – Théâtre du Soleil – 20 octobre 2006

Les Ephémèeres
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